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Un rapport exhorte les États-Unis et leurs alliés à s’engager à nouveau dans la prévention de la prolifération nucléaire

CHICAGO, 10 févr. 2021 (GLOBE NEWSWIRE) — Un nouveau rapport établi par un groupe de travail présidé par Chuck Hagel, Malcolm Rifkind et Kevin Rudd et convoqué par le Conseil de Chicago sur les affaires mondiales, soutient que la friabilité des alliances américaines et l’évolution rapide de l’environnement de sécurité ont commencé à remettre en question les garanties de sécurité nucléaire des États-Unis et à menacer la viabilité du régime de non-prolifération vieux de 50 ans. Le rapport propose des recommandations spécifiques et un cadre pour garantir que les alliés des États-Unis continuent à se sentir en sécurité sans avoir besoin de recourir à leurs propres armements nucléaires.

« En l’absence de leadership de la part des États-Unis ces quatre dernières années, nos alliés s’interrogent sur la crédibilité de la garantie nucléaire américaine », a déclaré Ivo Daalder, directeur du projet et ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN et président du Conseil de Chicago sur les affaires mondiales. « Il est peu probable qu’un changement d’administration suffise à lui seul à rétablir la crédibilité des États-Unis. Les États-Unis doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour travailler avec leurs alliés afin de rétablir la confiance dans leur cadre commun de défense collective. »

« Afin de s’engager de nouveau auprès des alliés des États-Unis, il faut s’engager de nouveau en faveur de la dissuasion nucléaire », a déclaré M. Hagel, ancien secrétaire à la Défense des États-Unis. « Le président Biden doit réaffirmer les engagements de l’Amérique en matière de sécurité, inverser les décisions qui ont mis à mal nos relations et négocier des accords équitables qui permettront aux États-Unis de maintenir leurs troupes en Europe et en Asie. »

Le rapport intitulé « Preventing Nuclear Proliferation and Reassuring America’s Allies » (Prévenir la prolifération nucléaire et rassurer les alliés des États-Unis), est issu du groupe de travail portant sur les alliés des États-Unis et la prolifération des armes nucléaires, un groupe composé de 16 anciens ministres des affaires étrangères et de la défense des États-Unis, d’Europe et d’Asie et d’autres conseillers nationaux en matière de sécurité et de défense. Ces derniers travaillent ensemble depuis 12 mois pour élaborer des recommandations spécifiques.

Les recommandations du groupe de travail sont les suivantes :

  • Rétablir le leadership des États-Unis en réaffirmant les engagements du pays en matière de sécurité, en augmentant l’importance des questions relatives aux armements nucléaires dans les alliances et en renforçant les capacités de défense de l’Europe et de l’Asie.
  • Renforcer les capacités de défense européennes en veillant à ce que l’Europe prenne davantage de responsabilités dans sa propre défense et sa sécurité et en concentrant la coopération en matière de défense sur de véritables capacités militaires. La France et la Grande-Bretagne devraient approfondir leur coopération nucléaire et étendre leurs effets dissuasifs aux alliés européens.
  • Coordonner la dissuasion multilatérale en Asie en faisant en sorte que les États-Unis proposent la création d’un groupe asiatique de planification nucléaire pour intégrer l’Australie, le Japon et la Corée du Sud dans les processus de planification nucléaire des États-Unis.
  • Élargir la maîtrise multilatérale des armements avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies qui s’engagent à entamer un dialogue sur les questions relatives aux armes nucléaires et à négocier des mesures de construction de la confiance et de transparence sur la question nucléaire, et à impliquer la Chine dans tous les efforts de multilatéralisation de la maîtrise des armements nucléaires.

« Si les ambitions chinoises constituent une menace pour le climat de sécurité, la Chine est une partie essentielle des échanges », a déclaré M. Rudd, ancien Premier ministre de l’Australie. « Ces premières mesures pourraient faire une différence significative dans l’apaisement des craintes des alliés et la coordination des efforts de dissuasion. »

« La Grande-Bretagne et la France ont un rôle essentiel à jouer pour aider l’Europe à renforcer la dimension nucléaire de ses efforts de défense et de sécurité », a déclaré M. Rifkind, ancien secrétaire aux Affaires étrangères et à la Défense du Royaume-Uni. « En reconnaissant que la sécurité et les intérêts vitaux de l’Europe sont inextricablement liés, les deux pays peuvent commencer à développer une capacité de dissuasion nucléaire forte et orientée vers l’Europe. »

Outre les coprésidents, le groupe de travail était composé des membres suivants :

Membres du groupe de travail

  • Nobuyasu Abe, ancien commissaire, Commission japonaise de l’énergie atomique
  • Carl Bildt, ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Suède
  • Rick Burt, ancien ambassadeur des États-Unis en Allemagne et négociateur en chef pour START
  • Espen Barth Eide, ancien ministre des Affaires étrangères et ministre de la Défense de Norvège
  • François Heisbourg, ancien président de l’Institut International d’études stratégiques
  • Wolfgang Ischinger, ancien secrétaire d’État aux affaires étrangères d’Allemagne
  • Nobukatsu Kanehara, ancien conseiller adjoint pour la sécurité nationale du Japon
  • Lee Sanghee, ancien ministre de la Défense et Chef d’État-major conjoint de Corée
  • Curtis Scaparrotti, ancien commandant suprême des forces alliées de l’OTAN en Europe
  • Radek Sikorski, ancien ministre des Affaires étrangères et ministre de la Défense de Pologne
  • Sinan Ülgen, ancien diplomate de Turquie
  • Byung-se Yun, ancien ministre des Affaires étrangères de Corée

Les coprésidents du groupe de travail et le directeur du projet sont disponibles pour des entretiens sur demande. Pour les questions de coordination, veuillez contacter [email protected].